L e s   a n n é e s   1940

Dès le début de la seconde guerre mondiale, VARENNES voit affluer nombre de réfugiés venant du nord ; parmi eux, une quarantaine de Juifs résideront un temps dans la ville dont le maire, Antoine-Louis COLLET recevra de l'État d'ISRAËL, à titre posthume, la médaille des Justes en 2003.

L’Occupation place notre canton à mi-chemin de la ligne de démarcation (elle passait entre TOULON/ALLIER et BESSAY) et de VICHY, capitale provisoire de l’État français. Au cours de l’été 1944, les quartiers proches de l’établissement de l’armée de l’Air échappent de justesse à la destruction, une troupe de 100 à 150 S.S. ayant envisagé de le faire sauter avant leur départ.

Après la Libération, la commune poursuit sa modernisation : le terrain de sport de BEAUPUY avait été aménagé dès 1941 ; en 1946 est constituée une bibliothèque municipale ; l’année suivante voit la mise en œuvre de la station de pompage d’eau dans la nappe phréatique de l’Allier, à La BÊCHE et, en 1950, il est procédé au numérotage des maisons.


Antoine-Louis COLLET
(photo : collection Hélène Valla)

A côté des fabriques de meubles et des établissements militaires, deux entreprises, aujourd’hui disparues, reprennent leur développement : celle de la famille COGNET dans la fabrication d’échelles, et celle d’Henri DUPUIS dans la production d’articles en béton, facilitée par la proximité des sablières de l’Allier et de la cimenterie (VICAT) de CRÉCHY.

ANECDOTE : c’est à partir de ces années-là qu’un érudit local, Jean (Joseph) BERGERON, alors pharmacien place de l’Église , reçoit épisodiquement la visite du poète-chanteur monégasque Léo FERRÉ (1916 – 1993), dont il avait épousé la sœur.


L e s   T r e n t e   G l o r i e u s e s

De l’Après-guerre jusqu’à la crise des années 1970, la France connaît une période de croissance économique sans précédent dont VARENNES a sa part. Par exemple, les deux fabriques de meubles occupent alors ensemble jusqu’à 700 personnes !

A cette époque correspondent, à peu près, les quatre mandats de maire que les électeurs accordent consécutivement à Georges BOURIN (1914 – 1991).

A son initiative, l’accroissement de la population (5 188 habitants en 1975) est accompagné de mesures énergiques en faveur du logement : des EGOTS (1955) à VARENNES II (1976), en passant par LES LUTEAUX (1965) et MONTLOUBET (1971), plusieurs lotissements permettent à de nombreuses familles d’accéder à la propriété ; 70,4 % des résidences principales sont aujourd’hui des maisons individuelles.


Ets MOREUX - Avenue de Chazeuil
(Collection R. Coin - G. Dufour)

C’est aussi durant cette période que sont construits les appartements de l’Office départemental d’H.L.M. à BEAUPUY et à LA TUILERIE, ainsi que la plupart des autres bâtiments collectifs, dus à l’initiative privée. Ceci explique que 61,6 % des logements actuels soient postérieurs à 1949.

En 1973, en vue de diversifier l’économie locale, le Conseil municipal constitue à La FEUILLOUSE 40 hectares de réserves foncières à vocation industrielle, dont la première entreprise bénéficiaire est aussitôt la coopérative agricole BOURBONNAIS-LIMAGNE. En 1979, la rejoint la société WAVIN-FRANCE qui y emploie aujourd’hui 589 salariés (source : Panorama des entreprises 2008, La Montagne) et y a établi son siège social (chiffre d'affaires 2006 : 150 millions d'€).

Le fameux «baby-boom» de l’Après-guerre conduit, d’autre part, la municipalité d’alors à faire d’importantes interventions dans le domaine de l’éducation : doublement du groupe scolaire (1956), ouverture du collège (1967), achat des bâtiments du lycée professionnel, et création de l’école maternelle des Quatre Vents (1976).

Cependant, il ne s’agit pas seulement d’instruire les jeunes ; il faut aussi leur proposer des distractions. La commune fait donc l’acquisition du Petit Bois de FARINVILLIERS pour y installer, en été, un centre de loisirs (1966) ; elle fait construire le gymnase (1963), la piscine municipale (1969), et la «Maison des Jeunes» - aujourd’hui Maison René-FALLET - (1971) ; enfin, elle double la superficie du stade de MAUREGARD (1976).

Tous ces chantiers publics et privés expliquent en grande partie la prospérité des entreprises locales du secteur du bâtiment : Maurice JACQUET fait travailler jusqu’à 100 personnes, MAISONS PHÉNIX 45, René MICHEL 30. Il en est de même pour deux sociétés de travaux publics, C.G.T.H. SADE et COLAS qui occupent un temps 50 salariés chacune. Ces 5 employeurs ne devaient malheureusement pas résister à la crise, même si les conséquences du " choc pétrolier " de 1973 furent assez tardives à VARENNES-SUR-ALLIER.

ANECDOTE : Pour apporter aux souvenirs de cette époque une touche pittoresque, signalons aux admirateurs de l’école de BRIVE que le romancier Denis TILLINAC a bien connu le VARENNES d’alors, puisque son oncle y pratiquait la chirurgie dentaire, 20 rue Jean-Jaurès.
On ignore si le futur écrivain faisait partie des enfants qui accueillirent avec la municipalité le Général de GAULLE, président de la République, le 17 septembre 1959, sur le parvis de l’Hôtel de Ville.


Collège en 1967
(Collection R. Coin - G. Dufour)


Arrivée du Général de Gaulle
Place de l'Hôtel-de-Ville
(Collection R. Coin - G. Dufour)


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